Dans la PRESSE...


L'HUMANITÉ ose parler du mécanisme de création monétaire!


L'HUMANITÉ, jeudi 9 octobre 2008, page 14

DES BANQUES TRÈS PROMETTEUSES


S

i les banques disparaissent, il n'y aura plus d'argent". Au cours de l'émission Ripostes de dimanche, le ministre du Budget, Éric Woerth, a fait preuve d'une clairvoyance dont il n'est pas coutumier. Sa remarque induit deux questions: les banques disposent-elles de l'ensemble de l'argent existant? L'argent n'est-il pas créé par le gouvernement pour assurer ses dépenses? Pour y répondre, il faut se poser la question fondamentale: d'où vient l'argent?

La plupart des gens pensent qu'il provient de la Monnaie de Paris. C'est elle qui est chargée de frapper les pièces. Les billets sont imprimés au niveau européen. C'est cette monnaie que les économistes désignent sous le nom de "monnaie fiduciaire", dont la valeur est garantie par l'État (pour l'euro, les 13 États de l'eurogroupe). Wikipédia nous indique qu'il en existe environ 610 milliards. La somme paraît énorme, mais cela représente tout juste 1,2 fois le montant du plan Paulson (700 milliards de dollars).

 Ces sommes sont créées — le mot est important — par les banques. Elles peuvent créer de l'argent: chaque fois qu'un emprunteur se présente, la banque ne lui prête pas d'argent mais inscrit simplement sur son compte la somme prêtée. Ce simple jeu d'écriture est en fait une promesse faite par la banque à l'emprunteur de lui fournir de l'argent bien réel. Les lois monétaires indiquent que cette promesse doit être considérée comme de l'argent, ce qui permet à l'emprunteur de l'échanger contre des biens quelconques. Si je dois planter un clou mais que je n'ai pas de marteau, je peux demander à un ami de m'en prêter un, mais même s'il me fait la promesse de me le prêter, cela ne m'avancera pas à grand chose. C'est pourtant ce que font les banques.

L'argent "créé" par le gouvernement ne représente que 5% de l'argent total en circulation, les 95% restants sont créés par les banques. Éric Woerth a donc raison: si elles disparaissent, il n'y aura plus d'argent. Simplement parce que les 95% de la masse monétaire créée par les banques sont créés comme dette. Si elle est remboursée, cet argent cesse d'exister.

(Bruno DASTILLUNG, jeune correspondant)


L'HUMANITÉ, samedi 18 octobre 2008, page 20

D'OÙ VIENT L'ARGENT?


B

ravo les communistes! Des millions de Français leur sont reconnaissants pour leur indépendance et leur sens de la justice et de l'équité. Pour un État en faillite, c'est quand même trop gros que ce cambriolage de l'UMP au profit des riches banquiers passe inaperçu. Tout le monde s'interroge: d'où vient l'argent? En réalité, l'État n'a pas cet argent, il se comporte comme une banque. Il s'agit uniquement d'un jeu d'écriture électronique. À la seule différence que l'État est obligé d'emprunter auprès des banques privées... en faillite! Celles-là même que l'État se propose de financer pour 500 milliards de dollars, soit les deux tiers du plan Paulson pour une population d'à peine 65 millions d'habitants, et un 6ème rang mondial. Ainsi l'État va emprunter, en notre nom, à des banquiers en failllite, des sommes pharamineuses avec de gros intéréts (somme qu'ils font inscrire au débit de l'État mais que les banquiers n'ont pas: simple jeu d'écriture, c'est une création d'argent-dette) pour verser ces sommes pharamineuses à ces mêmes banquiers. Ce qui n'est ni plus ni moins qu'un transfert de dette. Les dettes des banquiers millionnaires deviennent les dettes du Trésor public, donc du contribuable! La garantie de l'État, c'est la garantie que les millions de salariés vont payer de leur poche. Ces voleurs de l'UMP alourdissent la dette publique contractée par les financiers et spéculateurs pour ensuite justifier la mise en faillite délibérée de notre Sécurité sociale au profit des assureurs privés (...).

(Léna, Forum humanité.fr)


L'HUMANITÉ, mercredi 5 novembre 2008, page 4

PUISSANCE DE LA MONNAIE


"Q

u'est-ce que le cambriolage d'une banque, comparé à la fondation d'une banque?". Dans l'Opéra de quat' sous de Brecht, au moment où il croit qu'il va être pendu, Mackie, le chef des truands, a cette lucidité que l'on prête souvent à ceux qui vont mourir. "Mac" a tout à fait raison, le pouvoir des banques, c'est plus fort qu'un surin ou une pince-monseigneur, il est même encore plus extraordinaire que le chef des voleurs de Londres et son créateur ne l'imaginaient.

D'où leur vient cette puissance? Du pouvoir qu'elles ont de créer de la monnaie et de faire crédit. La monnaie, c'est de l'argent mais ce n'est pas tout l'argent. On appelle monnaie l'argent qui présente un certain degré de liquidité et qui a pour fonction première de s"échanger contre des marchandises. Pour la désigner, les banquiers lui ont trouvé le doux nom de "M3". Les pièces et les billets, c'est de la monnaie, mais cela ne représente que 6 % du total de la monnaie en circulation dans la zone euro. Les dépots à vue sont aussi considérés comme de la monnaie. Ils pèsent 36 % du total de M3. Il y a enfin une série de dépôts plus ou moins liquides -d'une durée maximale de 2 ans- de titres monétaires (les billets de trésorerie, par exemple, émis par les entreprises).

Les banques, donc, ont ce pouvoir de transformer la liquidité monétaire des uns en prêts à court ou long terme pour les autres. Mais elles ne se contentent pas d'utiliser les dépôts qu'on leur a confiés, en faisant crédit elles créent ex nihilo de la monnaie. Elles mettent à la disposition des gens une capacité d'achat immédiate alors que les richesses qui lui correspondent n'ont pas encore été créées (Denis Durand: un autre crédit est possible, Temps des cerises, 2005). Fin 2007, le total des concours à l'économie française délivrés par les banques s'élevait à 1742 milliards d'euros, c'est presque l'équivalent du PIB français.

Le crédit a bien des vertus, il offre notamment l'opportunité d'aider à multiplier la richesse. Lorsque la banque prête de l'argent à un dirigeant de PME pour développer une activité, elle lui donne les moyens d'embaucher des salariés. Ces derniers ont ainsi la possibilité d'alimenter leur compte bancaire, de faire leur courses et d'augmenter par là même les propres comptes de leurs commerçants... L'effet de richesse est continu.

La monnaie, c'est différent de la finance, qui, elle, traite de titres dotés d'une valeur et qui peuvent donner droit à une rémunération et plus si affinités. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'essor du capitalisme ne s'est pas toujours accompagné d'un gonflement de la finance, celle-ci s'est plutôt développée dans les périodes de crise, comme une sorte de champignon sur le corps de la société. Aujourd'hui, banques et marchés financiers ont partie liée, les premières sont devenues les compagnes inséparables des seconds, mais elles l'ont fait au détriment de leur métier de dépositaire de l'argent des salariés et de vecteur de la croissance économique. Elles ont largement financé les opérations spéculatives qui ont conduit au krach, elles le paient actuellement et tentent de nous le faire payer.

Il faut rompre ce lien, "détoxiquer" les réseaux bancaires depuis la petite agence jusqu'à la BCE et au FMI. Et, pour cela, substituer progressivement à la finance de marché un nouveau crédit, sélectif, favorisant le développement humain, aidant à sécuriser l'emploi, la formation. On n'y échappera pas: si l'on comprend que le dégonflement des marchés est un enjeu éminemment politique, alors il faut agir sur le comportement des banques, parvenir à les responsabiliser. Parce que notre argent nous intéresse et il faut donner le droit à la société toute entière d'en contrôler l'usage et les critères d'attribution.

Pierre IVORRA, économiste


Commentaire: après ces premières constatations, il va falloir aller plus loin...
Il va falloir clairement affirmer que L'ÉTAT NE DOIT PAYER ABSOLUMENT AUCUN INTÉRÊT!
L'état doit reprendre son droit républicain (perdu en 1973) de créer la monnaie,
et UTILISER ce droit (car même avant 1973 il ne l'utilisait déjà plus toujours)!


NEXUS


Dès son numéro 1 en 1999, le magazine NEXUS informait beaucoup mieux!PDF


Extrait d'un article de Philippe DERUDDER dans le NEXUS numéro 61 (mars-avril 2009), page 41:

«L

a dette publique, toujours mise en avant pour justifier le démembrement progressif des services publics et des prestations sociales, n'existerait pas si les États, par le biais d'un organisme public, pouvaient émettre la monnaie nécessaire au bien commun. Nul besoin dans ce cas d'augmenter les impôts, une simple émission de monnaie suffit, nul besoin de s'endetter non plus et de payer de l'intérêt. Ce dernier, dans le système actuel, revient à ponctionner la richesse publique pour la redonner aux plus nantis. De plus, il est facteur d'inflation pour la simple raison qu'il faut toujours s'endetter plus pour être capable de payer l'intérêt, qui lui, n'a pas été créé et mis sur le compte bancaire de l'emprunteur.»


SACRÉE PLANÈTE


Extrait d'un article de Philippe DERUDDER & André-Jacques HOLBECQ dans le SACRÉE PLANÈTE numéro 23 (août-septembre 2007), page 51:

LE DROIT D'ÉMETTRE DE LA MONNAIE


L

e recours à l'emprunt par l'État, qui pouvait se concevoir lorsque la monnaie était représentative d'une certaine quantité de métal (or ou argent) qui à un moment pouvait manquer dans les caisse de l'État, n'a maintenant plus aucune justification depuis que la monnaie est totalement dématériallisée.

Nous préconisons au niveau national:

— soit une reprise du droit de seigneuriage (droit régalien d'émettre la monnaie) éventuellement par émission d'une monnaie complémentaire (voir la proposition sur l'Espace Complémentaire Sociétal).

— soit des mesures spécifiques au niveau de la zone euro:

1. Le gouverneur de la Banque Centrale Européenne doit pouvoir être contraint à une émission monétaire centrale (sans intérêt) par une décision majoritaire de la Commission ou du Conseil européen (c'est à dire les chefs d'État), ou des députés européens des pays de la zone euro.

2. Les critères de Maastricht doivent être revus et spécifiés:

a) que les budgets des États soient équilibrés en "fonctionnement" et "amortissements". Nul État de la zone euro ne peut déroger à cette règle.

b) que les États puissent financer leurs équipements (budgets d'investissements) par un appel à la création monétaire sans intérêt de la BCE.

Pour justifier cette nécessité, le lecteur doit savoir que depuis 1973 la France ne crée plus de monnaie pour combler ses propres déficits, que ce soit en fonctionnement (salaires et retraites des fonctionnaires, loyers, etc.) ou en investissements, pour son développement (écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hôpitaux, bibliothèques, etc.) mais emprunte sur les marchés monétaires en émettant des obligations (bons du Trésor) sur lesquels évidemment elle doit payer un intérêt à ceux qui souscrivent. Ce qui a pour conséquence, comme nous l'avons vu plus haut, qu'au fil des années la dette s'alourdit d'un montant sensiblement égal au "déficit", qu'il faut couvrir par l'emprunt, c'est à dire par l'émission d'obligations nouvelles auprès du public et surtout des investisseurs institutionnels (assurances, banques, etc).